La prépa TSI, une voie méconnue

Réservée aux bacheliers STI ou STL1, la classe préparatoire Technologies et sciences industrielles (TSI) leur ouvre les portes des écoles d'ingénieurs. Il existe vingt-sept « prépas » de ce type en France. Cette voie d'accès reste peu connue et illustre la persistance des stéréotypes. Reportage au lycée Colbert à Tourcoing.

Cette année, 70 % des élèves de la prépa TSI de Tourcoing sont boursiers… « On dépasse largement les 30 % voulus par Jacques Chirac pour les Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ! », souligne Béatrice Wlodarczak, responsable de la classe préparatoire. « L'année dernière, tous nos élèves ont été admissibles à un concours et la plupart ont intégré brillamment une école d'ingénieurs. Le meilleur, issu d'un BEP, est actuellement étudiant aux Mines de Paris et les deux suivants, issus de l'émigration maghrébine, sont à l'École nationale des travaux publics ! »

Les concours réservent des places aux élèves issus de cette filière. Mais, si la prépa TSI offre de vraies chances de réussite, encore faut-il connaître son existence... Les témoignages collectés au lycée Colbert l'attestent : rares sont les bacheliers STI ou STL qui osent prétendre entrer en école d'ingénieurs. Les anciens de cette prépa dénoncent, souvent avec virulence, les lacunes des structures d'orientation. Car, s'ils se sont inscrits en prépa, c'est souvent un peu par hasard, parfois grâce au conseil d'un enseignant qui a cru en eux.

Convaincre les élèves un par un

« Nos futurs élèves, nous devons les convaincre un par un », confie Christophe Caiganaert, professeur de mathématiques. « Dans le Nord-Pas-de-Calais, deux lycées proposent environ 70 places en prépa TSI… Mais cet effectif n'est jamais atteint » déplore le proviseur, Jean-Louis Tavernier. Alors, l'équipe enseignante du lycée Colbert va au charbon. Elle se rend chaque année, entre septembre et janvier, dans tous les établissements de la région. Elle mène une vraie campagne de charme pour inverser la tendance. En effet, « certains lycées ont tendance à garder les meilleurs élèves chez eux, en BTS, et à ne pas leur parler de la prépa », note Jean-Louis Tavernier. À l'inverse, les classes de terminales du lycée Colbert connaissent bien cette voie : « Certains élèves ont même la stratégie de passer par une terminale STI pour s'inscrire ensuite en prépa TSI », remarque Souraya Muhidine, enseignante en anglais.

Une deuxième chance

La prépa TSI offre une deuxième chance aux plus travailleurs. « Une partie de nos anciens élèves n'aurait pas réussi à intégrer une école d'ingénieurs en passant par une prépa classique, considère Béatrice Wlodarczak. Les premières semaines, on a parfois l'impression de s'appuyer sur du sable, en particulier dans les disciplines scientifiques et littéraires. » Or, « la maîtrise du français et d'une langue étrangère est totalement déterminante lors des concours. » Le programme est adapté pour éviter de décourager les élèves et des cours de rattrapage sont organisés toute l'année. L'effectif réduit permet un suivi personnalisé. « Je ne crois pas qu'aller chercher quelqu'un en Zep et l'inscrire d'office dans une grande école soit suffisant pour lui garantir le succès, explique Béatrice Wlodarczak. Je crois davantage à la réussite au mérite. »

Pour en savoir plus : un site pour les bacs STI

Cet article est de : Sylvain Marcelli, journaliste, correspondant à Lille de L'AEF
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1 Sciences et technologies industrielles et Sciences et technologies de laboratoire.